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Témoignages
Hospitalisation
Retrouvaille après hospitalisation | Retrouvaille après hospitalisation |
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Certains d’entre vous ont déjà lu mon précédent témoignage sur l’hospitalisation de Laurie. Cela fait maintenant un peu plus d’un an et la fin de ce cauchemar est proche. Je vais vous raconter les retrouvailles des jumelles et ce qui va avec. Avant son retour définitif, Laurie a eu des permissions. D’abord une journée, puis deux jours, et dernièrement un week-end entier (avec la nuit). C’est difficile d’admettre que pour mon enfant, chez elle, ce n’est pas notre maison mais l’hôpital. Elle a eu besoin de reconnaître les lieux, de comprendre que c’est sa maison et de refaire sa place, de réinvestir son lit, sa chambre, et tout le reste. Cela c’est plutôt bien passé pour elle, une balade en ambulance qui l’a amusée, de nouveaux lieux, de nouveaux jeux à découvrir, bref voir un peu autre chose que sa chambre d’hôpital et la cour du service. C’est dur pour une maman de voir une enfant soulagée de retrouver sa chambre d’hôpital, alors que moi j’ai du mal à la laisser là et à repartir à la maison sans elle encore. Pour Clémence c’est une autre histoire. Tout d’abord elle est très contente de montrer la maison à Laurie, de faire son bain avec elle, de lui montrer son toboggan, son lapin etc. Ce qui, en revanche, lui paraît plus dur, c’est de partager papa et maman. Et s’ils ne m’aimaient plus autant qu’avant, maintenant que Laurie est là ? Elle râle toute la journée, réclame des câlins dès que Laurie est dans nos bras, veut toujours faire ou avoir la même chose qu’elle, etc. Alors on passe nos journées à expliquer : expliquer qu’on l’aime toujours autant, expliquer que Laurie va bientôt rentrer définitivement à la maison, expliquer pourquoi elle doit supporter certains soins et qu’on ne lui fait pas de mal. On découvre aussi petit à petit les joies des querelles de jumeaux de deux ans. Les cris, les engueulades, les bagarres… Pourquoi veulent-ils toujours la même chose au même moment ? Doit-on intervenir et faire la police ou les laisser régler leurs différents elles-mêmes ? Et si on n’intervient pas, jusqu’où sont-elles capables d’aller ? Notre premier grand plaisir a été de ressortir la poussette double pour faire une balade. Quelle idée ! Durant toute la promenade elles se sont donnés des coups de pieds et ont râlé. Quand on leur proposait une façon de s’installer pour avoir suffisamment de place pour les deux, cela n’allait pas non plus, ce n’était plus amusant ! Lorsque Laurie repart à l’hôpital, Clémence est très malheureuse. Elle passe des heures à répéter que " Lili pati camion " (en français ça donne " Laurie est partie en ambulance" ) à montrer le lit de Laurie, la chaise de Laurie, etc. Le plus dur, c’est le lendemain matin. Laurie attend son ambulance à 8 h 30 et s’impatiente et il faut lui expliquer pendant des heures que la prochaine permission c’est samedi (5 longues journées à attendre…) ; quant à Clémence, elle est insupportable toute la matinée, tourne en rond et râle sans cesse, refuse d’aller chez la nourrice ou à la halte jeux (alors que d’habitude elle y va en courant) et quand on lui demande où elle veut aller, elle répond " Chez Lili ". Bref, d’un côté je me dis vivement que tout ceci se termine enfin, et d’un autre côté heureusement que papa a prévu ses vacances quand Laurie sortira de l’hôpital sans quoi je deviendrais folle. Espérant qu’au moins il fera beau et qu’on pourra faire quelques sorties et profiter du jardin. Je vous raconterais tout ça à la rentrée… Cécile Haillot, juillet 1999 |
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