
Mots Clefs:
Témoignages
Prématurité
Témoignage de Cathy | Témoignage de Cathy |
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Je suis l’heureuse maman de Maxime et Alexis nés le 10/10/2003 à 32 semaines à Toulouse. Bien que ma grossesse se soit très bien déroulée, les derniers mois furent un enfer puisqu’à cause d’un risque élevé de prématurité on m’a hospitalisée à 50 km de chez moi à environ 28 semaines, le 10 septembre (l’accouchement étant prévu le 12 décembre ! ) L’ennui, l’éloignement, la fatigue et la difficulté à rester allongée quasiment en permanence ont fait que j’ai sûrement inconsciemment déclenché mon accouchement qui s’est déroulé un mois jour pour jour après mon hospitalisation. La naissance de mes bébés à 4 minutes d’intervalle s’est bien passée, mais les heures qui ont suivi ont été difficiles et je ne préfère pas entrer dans les détails afin de n’effrayer personne, chaque cas étant très différent. On m’a à peine montré Maxime et à peine plus Alexis que l’on a tout de suite emmenés afin de les préparer et les installer en couveuse sous respirateur (ils avaient une soupape). Quelle frustration ! mais le papa les avait heureusement filmé ! Je n’ai pu faire connaissance avec mes fils que le lendemain après-midi, ils étaient en soins intensifs au service de néonatalogie de l’hôpital soit 2 bâtiments plus loin que la maternité. La pression montait au fur et à mesure que je parcourais les couloirs avec mon fauteuil roulant, entourée de ma mère et de ma belle-mère. Puis il fallait s’habiller, revêtir la blouse blanche, se laver les mains etc et là on prend conscience que ces petits êtres sont très fragiles et on est encore plus intimidée ! Je me souviens m’être approchée de la salle et d'avoir apperçu les deux couveuse que l’on me désignait comme étant les leurs, et les larmes sont venues et ne se sont arrêtées réellement que bien des semaines plus tard. J’étais émue, heureuse, malheureuse. Ils pesaient 2,080 kg et 1,560 kg, se trouvaient côte à côte dans leurs couveuses respectives, minuscules et chétifs, vulnérables mais si beaux ! Le plus impressionnant, ce sont tous ces tuyaux, les sondes, le capteur, le bip des appareils qui parfois s’emballent quand la tension chute et le rythme cardiaque accélère ou diminue ! Les bradycardies et autres, les infections, les perfusions et l’aiguille que l’on plante dans la tête parce que c’est le meilleur endroit pour capter une veine correcte... Oui, j’ai pleuré beaucoup et j’ai aussi pris sur moi souvent tout comme le papa qui réagit différemment. On les a donc transférés une semaine plus tard, deux jours après moi à l’hôpital de la ville où nous habitons. La famille venait tous les jours voir ces petits grandir derrière les vitres. Nous, les parents, nous pouvions les toucher, les serrer contre nous parfois, les nourrir plus tard et puis les habiller, les laver, les changer et surtout et toujours leur parler, pas la famille, le service étant trop petit. Quoiqu’il en soit, nos bébés nous les avons vus tous les jours depuis leur naissance, nous leur parlions beaucoup y allant parfois la nuit car ces services s’adaptent aussi aux horaires des parents. Le personnel était tantôt formidable tantôt froid et ne se mettait pas toujours à notre place : mais quelle est-t-elle à ce stade de notre apprentissage de la vie ? Et nous, jeunes parents, savons-nous toujours être à l’écoute des recommandations,des explications, des mises en gardes ? J’ai appris une chose essentielle durant mon séjour à l’hôpital, dans ce service, c’est que donner la vie n’est pas un acte anodin, et que voir grandir et évoluer ses enfants est la plus belle chose qui soit. A ce stade de leur vie, nous sommes tout pour eux, il faut être très présents, il faut leur parler, les toucher, bref les aimer et leur montrer : ensemble il faut se battre pour que la vie gagne. Ce sont mes premiers enfants, et donc ma première expérience, elle reste inoubliable. Mes fils sont mes trésors, je les aime tout comme leur papa et ne cesse de leur dire (même s’ils ne me comprennent pas ?) Aujourd’hui, oui, ils sont un peu plus petits que la normale mais n’ont aucun retard sur le plan des gestes et de l’évolution normale d’un enfant, ils gazouillent beaucoup et se tiennent déjà assis sur le canapé de la maison, et se barbouillent de carottes lorsqu’ils goûtent aux petits pots : de vrais petits mecs ! On vit dans le présent, et dans le futur… On n’oublie pas mais on va de l’avant, pour eux ! Cathy et Fabrice
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