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Témoignages
Prématurité
Mon témoignage sur la prématurité | Mon témoignage sur la prématurité |
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Après avoir lu les deux témoignages sur la prématurité des multiples, j'ai voulu à mon tour partager mon expérience. Je suis la maman comblée de deux petits garçons âgés actuellement de 5 mois et demi. Ils sont nés à 28 semaines de grossesse, c'est-à-dire après 6 mois de grossesse. C'est ce qu'on appelle communément de très grands prématurés (avant 33 semaines de grossesse). Leur prématurité est dûe au fait que ce sont des vrais jumeaux et qu'ils se partageaient le même placenta. Mais dans ce cas il est fréquent que les échanges ne se fassent pas équitablement, c'est ce qu'on appelle le syndrôme transfuseur-transfusé. Après un début de travail commencé à 26 semaines, j'ai été hospitalisée au service des grossesses à risques de l'hopital américain de Reims. Mais à la 28e semaine de grossesse, le monitoring a montré que le plus petit des deux bébés, Maxime, était en souffrance foetale. L'échographie a révélé que le sang ne passait presque plus dans son cordon ombilical et qu' il n'avait plus de liquide amniotique. D'après les calculs, Maxime ne devait peser alors que 800g. Le chef de clinique m'a alors posé le choix entre deux solutions. J'étais seule car j'ai eu cette dernière échographie à 21 heures et depuis longtemps les heures de visites étaient terminées. Soit on décidait de retirer mes deux bébés pour sauver Maxime, tout en faisant courir les risques de la prématurité à son frère Antoine qui lui avait l'air d'aller bien soit on décidait de "sacrifier" Maxime et on menait à terme la grossesse d'Antoine. Je peux vous dire que le choix a été vite décidé puisque nous attendions de jumeaux, je mettrai au monde des jumeaux! C'est ainsi que le lendemain, je subissais une césarienne pour mettre au monde mes fils. Je n'ai connu aucun moment aussi terrifiant. J'avais tellement peur qu'ils ne vivent pas. Je tiens à remercier l'équipe médicale qui s'est occupée de nous car ils ont été très humains et chaleureux. J'ai eu le droit de voir mes fils avant qu'ils ne partent en couveuse alors qu'on m'avait dit que ce ne serait pas possible. De plus Maxime ne pesait pas 800g mais 1,125kg (Antoine pesait quant à lui 1,600kg). Un écart considérable car l'échographie n'est pas toujours fiable! Et puis alors qu'on était en train de me recoudre, les infirmières m'ont apporté deux polaroïds de mes bébés. Moi, qui avait peur de les voir si petits et bien, croyez-moi, je les ai trouvés magnifiques. J'ai contemplé ces photos pendant les heures de réveil et une bonne partie de la nuit qui a suivi. Pendant ce temps-là mes fils étaient au service de réanimation. Je n'ai pu les voir que le lendemain soir à cause de la césarienne. Mon mari a pu les voir deux heures après l'accouchement et c'est lui qui m'a rassurée sur l'état de santé de nos fils qui était stable. Nous n'avons pas été effrayé par tous les branchements et les machines qui aidaient nos enfants à vivre car durant mon hospitalisation on m'avait parlé de tout ça. Ils sont restés une semaine en réanimation et ils sont passés ensuite en soins intensifs pendant un mois. Nous avons pu les porter en peau à peau, après seulement une semaine. Nous étions surpris car nous ne nous attendions pas à pouvoir porter contre nous d'aussi minuscules bébés ! C'était un grand moment de bonheur et ce qui est formidable avec les jumeaux c'est qu'il n'y a pas de jaloux ! Un pour papa et un autre pour maman! Ce bonheur devint une drogue et chaque jour nous pouvions porter nos bébés pendant une ou deux heures. De toute façon, avec mon mari nous passions matin et soir pour leur parler, pour leur dire que nous les aimions et que nous avions hâte qu'ils rentrent à la maison. Ils avaient une chambre rien que pour eux ce qui nous donnait un peu d'intimité. Nous aimions beaucoup leur passer un peu de musique grâce au poste de musique que nous avions ramené. Nous avons remarqué que cela calmait les enfants et ça détendait aussi le personnel. Tout devenait plus calme! Après un mois, ils sont passés en néonatalogie, ça voulait dire qu'ils étaient hors de danger et qu'ils n'avaient plus qu'à grossir. A partir de ce moment, j'ai pu prendre une chambre mère-enfant avec eux et m'en occuper toute la journée et toute la nuit. C'était un vrai réconfort après cette brutale séparation mais j'avais quand même hâte de rentrer auprès de mon époux avec nos enfants! Nous sommes encore restés un mois en néonat avant de pouvoir regagner nos pénates. Nous avons donc passé deux mois à l'hôpital.. Nous avons pu surmonter cette épreuve sans trop de souffrance grâce au personnel médical qui nous a beaucoup soutenu, écouté et réconforté. Il était plus facile de laisser nos enfants à des personnes compétentes et qui aimaient les enfants, cela se sentait ! C'est ainsi que nous avons appris à changer nos fils dans une couveuse alors qu'ils étaient couvert de fils. A présent les changer à la maison, c'est un jeu d'enfant. Nous avons aussi appris à donner le bain et les soins quotidiens d'hygiène avec une puéricultrice. Tout ceci nous a permis de nous sentir beaucoup moins démunis à notre retour à la maison. Pour ma part je connaissais bien mes fils et je savais déjà décrypter leurs pleurs. C'était le côté positif de cette expérience! Sinon je n'ai jamais regretté d'avoir pris la décision de les faire naître à 28 semaines. D'une part, à la naissance malgré le diagnostic des médecins, ce n'est pas Maxime qui allait le plus mal mais Antoine. Parce qu'il avait pompé trop de sang, il montrait une faiblesse cardiaque. En fait nous avons sauvé nos deux fils! Et d'autre part, ils sont en pleine forme aujourd'hui même si cela reste des enfants fragiles à surveiller jusqu'à leur trois ans! Mélanie Tixier, juin 2004 |
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